On ne peut pas dire que ce fut le match le plus abouti de l’Etoile, mais il aura eu le mérite, au moins, de sonner comme un avertissement sérieux pour les joueurs, qui étaient visiblement coupables d’un petit relâchement au niveau mental, même si la pression aura aussi joué un rôle prépondérant, au vu de l’évolution générale, qui a donné l’impression, par moments, d’un jeu plutôt poussif, et un manque de solutions, face à une équipe visiteuse, mise en confiance au fil du temps.
Tactiquement, l’Etoile n’a pas dérogé à la règle entrevue ces dernières semaines, en tentant de poser le jeu, de pousser haut son adversaire et de procéder par une occupation rationnelle du terrain. Mais cette domination des premières minutes n’a pas donné le résultat escompté, d’abord parce que l’arbitre assistant, en signalant deux hors jeu imaginaires a coupé court a des attaques de buts et ensuite par le manque de réussite de Santos, qui avait deux fois l’opportunité de faire décanter les choses. Et quand l’adversaire arrive, même en de rares occasions, à créer véritablement le danger sur des contres, cela perturbe un peu les certitudes de l’ensemble, jusqu’à retomber dans les travers de la précipitation.
De plus et face à une ESZ qui a choisi l’expectative, en érigeant un double rideau défensif et un marquage à la culotte sur les pourvoyeurs, Chedli et Danilo, et que ces derniers, ont évolué assez loin des buts adverses, au lieu de soutenir davantage les deux avants, alors que Belakhal, avait trop tendance à venir par le centre, les choses se sont un peu gâtés et au fil du temps, l’Etoile s’était retrouvé à courir derrière le temps.
Si l’absence de Chehoudi s’était fait ressentir, non pas parce que Santos ne put trouver tous ses repères, mais à cause de son manque de complémentarité avec Akaichi, le manque de percussion de Chedli, moins bon que d’habitude et les difficultés de Chagra à se démarquer, ont plus ou au moins facilité les choses pour les défenseurs adverses, toujours bien regroupés et jamais mis en difficulté sur les flancs.
Avec les rentrées de Jebali et Jaziri, le jeu est devenu relativement plus aéré, même si le sursaut des étoilés et leur désir d’en découdre a laissé bien des espaces aux contres averses, qui ont failli coûter très cher sans les bravoures de Bouderbala, décisif et sans contexte un des artisans de la victoire inespérée de l’Etoile.
Car la victoire, est venue en fin de compte, à force d’abnégation, certes dans les ultimes instants du temps additionnel, d’une tête rageuse de Abdennour, mais cela aussi traduit un peu le nouvel esprit d’une Etoile, capable de se surpasser jusqu’au bout, même quand le doute commençait à s’installer. Et cela n’est pas la moindre des choses…